Tournée missionnaire à Saut-d'Eau et Gonaïves,

du 12 au 24 mars 2005

avec Yves Baron de Nouvelle Alliance en Haïti

avec Édouard Érambert, Dominique Dècle, Jean-Pierre Mesnier

 

        

Les associations ACHF, et Nouvelle Alliance se sont jointes

au Réseau Compassion International

pour une mission chrétienne humanitaire en Haïti du 12 au 24 mars 2005.

Voici un bref compte-rendu des divers déplacements et du travail accompli.

 

 

…., l’Esprit-Saint m’avertit …des tribulations m’attendent.

Ac 20.23

…personne ne fût ébranlé au milieu des tribulations présentes;

car vous savez vous-mêmes que nous sommes destinés à cela.

1 Th 3.3

 

 Chers amis,

 Nous voilà revenus d’Haïti après un voyage riche en péripéties et,

nous l’espérons, en retombées spirituelles.

Dieu a uni toute l’équipe dans un merveilleux lien d’amour.

Trois associations chrétiennes s’étaient mobilisées pour venir en aide aux frères et sœurs haïtiens.

Plusieurs personnes restées en France ont été poussées à prier pour nous durant tout ce voyage.

Une personne avait prévenu Dominique avant notre départ que nous aurions des tribulations,

mais nous étions pourtant loin de nous douter de ce qui allait se passer.

 

Rédigé par Yves Baron, porte-parole de l'équipe française,

en collaboration avec Richard Ouellette.

Le chant "Nul autre Nom..." est extrait de l'album de Yves Baron intitulé Nouvelle Alliance.

Première partie

 

Dimanche, le 13 mars 2005

 

Partis de Paris, nous faisons escale à New-York...

 

 

Lundi, le 14 mars 2005

 

Arrivés la veille à Port-au-Prince, nous prenons un jour de repos et de planification avec Richard et Agathe avant de partir pour le voyage aux Gonaïves, via Seau-d’Eau (en passant par St-Marc).

Aperçu de la ville de Port-au-Prince avec la piste d'atterrissage

de l'Aéroport Internatinal Toussaint L'Ouverture

 

 

 

 

Nous en profitons quand même pour effectuer une petite visite chez le pasteur Tercichrist... et voir comment va la "salle de lecture"... Nous avons un bon moment d'échange et de prière avec lui et l'un de ses collaborateurs.

À l'intérieur de la "salle de lecture", chez Tercichrist...

 

Mardi, le 15 mars 2005

 

L'Équipe : Richard, Yves, Jean-Pierre Dominique et Édouard

 

Alors que nous sortons de Port-au-Prince pour nous rendre à Seau-d’Eau nous sommes attaqués par des « zinglindos » (des bandits) Armes au poing, (mitraillette, magnum), cinq jeunes garçons prennent d’assaut le véhicule Pick-Up dans lequel nous voyageons.

Richard et Yves à l’avant du véhicule sont contraints sous la menace de descendre et une fouille en règle s’en suit. Le magnum pointé sur le ventre de Yves un jeune bandit particulièrement excité fouille dans ses poches… sans toutefois trouver l’argent qui se trouve dans sa poche arrière. Richard est dépouillé de sa   "banane" accrochée à la ceinture, dans laquelle se trouve une grande partie de l’argent du voyage.

Il peut cependant la récupérer, les malfaiteurs n’ayant trouvé qu’une partie de la somme que nous avions emmenée pour le périple.

 

Les jeunes sont énervés. Doudou, Jean-Pierre et Dominique, tournés vers l’arrière du véhicule n’ont pas le temps de se préparer à l’attaque avant que les bandits leur tombent dessus.

Devant la première réaction de Doudou, un des rebelles lui donne un coup de crosse sur le crâne.     Il vise son genou… et Dominique pense qu’il va tirer…. Mais non. Les cinq jeunes ont 17-20 ans. Un des leurs paraît particulièrement dur.

 

Tout à coup, l'un d’eux saute au volant du véhicule et part en trombe sur un chemin de traverse, laissant Richard et Yves sur le chemin principal, encadrés par les autres… Ils sont sommés de rejoindre le véhicule qui est entré dans une propriété avec leurs trois compagnons toujours assis parmi les bagages. Tous, nous restons calmes, priant intérieurement. Chacun semble paisible tout en étant conscient du danger. Nous sommes enfermés maintenant dans une propriété; rien ne les empêche de nous prendre en otage ou de faire quoi que se soit !...

 

À aucun moment, nous ne ressentons une quelconque peur. Nous sommes TOUS dans la paix parfaite de Dieu… qui dépasse l'intelligence humaine.

 

Après avoir stoppé le véhicule, fermé le lourd portail de la propriété, fait descendre nos amis, les rebelles entreprennent une fouille minutieuse de nos poches et du véhicule. Ils essayent de nous prendre nos bagues, mais nous leur déclarons que ce sont nos bagues de mariage. Après plusieurs tentatives pour nous les prendre, ils renoncent…!

Un des bandits prend le lecteur de CD d’Yves avec sa bande orchestre à l’intérieur, mais il lui rend alors que Yves le lui réclame !

L’un d’entre eux demande (!) la permission de prendre la bouteille d’eau sur le siège avant du véhicule… pour boire et pour soigner le crâne de Doudou qui saigne beaucoup suite au coup de crosse d’un de ses acolytes sur sa tempe,… tout en lui demandant pardon pour cette blessure. Il veut tuer celui qui lui a fait ça. Doudou essaie de l’en dissuader. Nous espérons qu’il n’auras pas mis cette menace a exécution après notre départ…

À un jeune qui a trouvé le portefeuille de Richard contenant quatre billets de $ 50 US, il dit : "Il me semble que vous en avez assez pris… On en a besoin…" Il se fait rendre deux des quatre billets ($ 100 US) !...

Voyant qu'ils s'agit de jeunes gens plus malheureux et manipulés que méchants, Richard prend la parole leur dit qu’il comprend leur situation, leur détresse et, leur parle des buts de notre mission. Il termine son exposé par une proposition aux malfaiteurs…  de prier avec eux… ! Ce qu’ils acceptent… avec émotion… L’un d’entre eux est quelque peu réticent mais les autres semblent profondément touchés. Après la prière qui se passe dans un grand calme, Dominique prend les jeunes tour à tour dans ses bras et Yves en prend deux qui … pleurent alors que nous leur manifestons l’amour de Jésus ! Cela semble irréel !

Après quelques moments encore, les bandits se calmant peu à peu nous laissent repartir avec le véhicule et tous nos effets, soulagés seulement d'environ 800 $ US (dont 300 $ de notre   argent personnel), et de quelques bricoles… Mais, en vie ! L'un d'eux dit même à Richard : "Bondye beni nou" (Que Dieu vous bénisse !")

 

Quelques kilomètres plus loin, Richard arrête la voiture pour connaître nos réactions.  Il se demande si nous allons renoncer au voyage, mais il est encouragé par la détermination de chacun à poursuivre le voyage. Doudou visiblement ému nous partage qu’il a pris conscience d’une manière toute nouvelle combien Jésus est son ami. Sa blessure semble se refermer très vite.

Richard décide – et nous l’imitons – que cet argent EST un investissement dans la vie de ces jeunes pour le royaume de Dieu. Nous prions que ce qu’ils ont vu et entendu soit une semence pour leur salut.

Le voyage se déroule sans autre incident sinon les chaos et la poussière habituels rencontrés en Haïti. Le véhicule est largement plus confortable que celui de l’année précédente et surtout... mieux entretenu !

Nous arrivons à Saut-d'Eau assez tôt dans l'après-midi pour une petite baignade à la chute… Très appréciée et faisant office de séance de douche pour rafraîchir nos corps fatigués et empoussiérés !

À Saut-d'Eau, chez Paul et sa tante, nos hôtes pour deux jours

 

Mercredi 16 mars 2005

 

Tôt le lendemain matin, nous nous rendons à Dalaize, un village à 30 minutes à pied de Seau-d’Eau. Nous y établissons la clinique de campagne. 150 personnes nous attendent dès 7 h du matin…

Notre ami JeanPierre se révèle d’un courage exceptionnel, travaillant plus de 8 heures sans interruption sous une chaleur intense pour soigner le mieux possible les uns et les autres avec le peu de moyens à notre disposition. Après être passé entre ses mains, chacun peut recevoir la prière. Nous faisons notre possible, mais nous croyons que Dieu, Lui, a fait des miracles.

La "route" qui nous mène à Dalaise...

 

A la fin de la journée, un repas de riz-pois-collé (pourvu par nous) est servi à quelque 70 personnes restées sur place…Après quoi, épuisés mais heureux d’avoir pu aider, nous allons nous baigner dans la  rivière tout près. De retour à Saut-d'Eau, nous prenons le repas de millet-pois-collés préparé par la tante de Paul Béni, notre hôte.

 

Une petite baignade dans la rivière en fin de journée !...

 

 

Après concertation, nous rendant à l’évidence que le problème majeur de Dalaise est l’eau potable, nous décidons de contribuer à une solution durable par le financement de filtres efficaces et simples disponibles en Haïti. (Voir Clean Water for Haiti). Nous espérons pouvoir ainsi aider quelques familles ainsi que l’école… du moins, dans un premier temps.

 

Fillette venue puisée de l'eau à la rivière...

transportant son seau avec une telle adresse !...

Elle nous a beaucoup fait rire

avec son grand rire naïf...

 

 

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